Avouons-le: un travailleur malade d’un burn-out dans une équipe génère du stress non seulement pour lui-même, mais aussi pour ses collègues et son manager qui éprouvent l’incertitude du devenir de ce poste et de l’organisation quotidienne. A tel point que certains pourraient se demander s’il ne vaudrait pas mieux pour tous que le travailleur en burn-out remette sa démission. Outre le fait qu’il est dommage d’y compter plutôt que de chercher à « guérir » les facteurs qui ont mené la personne dans cette situation, c’est une stratégie hasardeuse que de tabler sur une démission.

Démonstration:

Le burn-out est le revers de l’engagement. Vous l’avez remarqué: ce sont les gens les plus performants, les plus compétents ou encore les plus disponibles qui en sont atteints. Cette sur-performance, sur-disponibilité, sur-qualité sont le signal que ces personnes entretiennent une relation très intime, voire existentielle, avec leur travail. Ils « tombent » précisément parce que c’était tellement vital pour eux de bien faire ou de faire plus, qu’ils n’ont pas mis de limites ni pris de distance par rapport à cet environnement de travail qui, de son côté, les sur-sollicitait.

Certains sont en burn-out mais dans le déni de celui-ci  (nous développerons ce point dans un prochain article). Chaque jour, ils se disent: « Jusqu’ici, ça va. J’ai déjà connu pire, je peux traverser ça ».  Mais ils se fâchent vite, sont fatigués physiquement, perdent le goût des choses. Ceux-là restent. Ils ne prennent même pas congé.

D’autres sont en burn-out partiel, le savent … mais ne savent pas comment faire différemment. Ils se font coacher mais ça prend du temps … Souvent, ils continuent à travailler tout de même.

Restent ceux qui sont en burn-out complet … le savent … et ont enfin accepté de se mettre au repos, car leur corps a simplement hurlé un grand stop. Ils prennent un congé de maladie. Une petite période pour démarrer … car ils culpabilisent. Ce n’est pas dans leur représentation du monde de s’arrêter … Alors, avant d’arriver à démissionner …

Bref, en plein contexte économique maussade et pessimiste, seule une petite partie des travailleurs malades remettront leur démission car ils ne perçoivent aucune possibilité d’amélioration dans leur contexte de travail et ne sont plus en mesure d’affronter ce milieu nocif. Pour eux, l’entreprise a une belle part de responsabilité dans cette histoire triste. Alors, plutôt qu’attendre un départ … si on agissait ?




Auteur: Daphné Hirschfeld

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